Cohorte noire de son ombre
ondulant péniblement aux vents
du mépris, de la violence et du rejet.
Ombre
excroissant un champ monocorde
le même depuis plusieurs siècles.
Ombre, qui n'a que dans l'improbable nuée
l'espoir d'un salut vaincu.
Ombre
tel un roseau insulté
par des années d'esclavage
de répression, de colonisation
qui s'affaisse...
mais reste digne.
Ombre gazée par des décennies de mensonges
paralysants.
Mon peuple
leve-toi et marche
éclos les yeux de tes fils blanchis
qu'ils laissent là, le maître qui les aime tant
et viennent avec nous sous le bois, chanter
l'air nouveau.
Car notre pas est celui de la dignité
et notre combat celui de la liberté
d'un peuple, à jamais retrouvée